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jeudi 20 septembre 2018

Noun y es-tu ?

Alternatives ludiques au numérique

Après la publication de mon dernier article, une double frustration s'est immédiatement mise à me tarauder : d'une part, je n'avais pas trouvé de réponse satisfaisante à ma question ("Jouer ou visiter, faut-il choisir?"), ni de recette équilibrée pour un bon usage du numérique dans les musées (si tant est qu'un tel usage existe - mais je ne veux pas totalement y renoncer) ; il me semblait pourtant un tantinet réactionnaire (la suite ne va cependant pas donner de moi l'image d'une prêtresse de la modernité, je le crains) de laisser entendre qu'avec des enfants, il valait mieux se contenter d'une simple contemplation des œuvres exposées, sans fioritures numériques ou ludiques, sans faire le moindre effort, au fond, pour s'adapter aux jeunes visiteurs. J'assume volontiers mon côté "vieux jeu" (après tout, quand on enseigne les Lettres classiques, on est déjà une pièce de musée aux yeux de bien des gens, n'est-ce pas ?), mais j'ai plus de peine à renoncer à l'attention portée aux enfants : il me semble évident qu'il faut s'adapter à eux pour que la visite soit un plaisir pour toute la famille. Cette frustration s'est combinée au sentiment d'avoir manifesté dans mes dernières publications un penchant de plus en plus développé pour la critique - une critique qui s'avérait trop peu constructive à mon goût. C'était bien joli de souligner les défauts de tel dispositif ludique ou numérique proposé par les musées parisiens, tourangeaux ou danois, mais cela semblait fort mal venu de la part de quelqu'un qui n'avait rien à proposer d'autre ! J'ai donc décidé de glisser une dose d'enthousiasme dans ce nouvel article, et de vous parler des "trucs qui marchent (parfois mais pas toujours)", ou plus modestement de nos diverses tentatives pour préparer-animer nos visites de musées avec nos filles.

Les ingrédients de mes recettes sont tout ce qu'il y a de plus rétro (je vous avais prévenus), mais ont l'immense avantage de ne pas prendre beaucoup de place : qui n'a pas toujours sur soi un crayon ou un stylo (la version "maman/papa de choc" prévoyant des mini crayons de couleur, comme on en trouve parfois scotchés aux magazines pour enfants) ? Ajoutez quelques feuilles de papier ou un carnet, et vous aurez de quoi occuper vos bambins dans bien des musées. Voilà une formule que nous avons testée en voyage - nous ne partons plus sans deux carnets à dessin - mais aussi, notamment, au centre Pompidou : nous laissons nos filles s'installer devant l'œuvre qui les inspire et, tandis que l'un de nous deux fait porte-trousse et fournit les crayons au fil de leurs inspirations, l'autre peut s'éloigner le temps de parcourir (tranquille !) quelques salles, quitte à y retourner ensuite tous ensemble ; cette alternance surveillance-visite ménage un peu de temps aux parents sans léser les enfants, ravis de se laisser inspirer par les toiles exposées. Il faut cependant reconnaître que cette formule comporte quelques risques (notamment pour les oreilles) : conseil d'amie, ne vous laissez pas prendre au piège du tout-petit qui vous demande de dessiner pour lui ce qu'il se sent incapable de reproduire lui-même ; si par malheur votre œuvre ne coïncide pas avec ses ambitions (souvent exprimées dans un langage qui lui est personnel), la séance de visite dessinée vire au drame, et vous risquez l'expulsion. Autre condition - indépendante de notre volonté : cette activité toute simple nécessite de l'espace pour que l'enfant puisse s'installer sans se faire piétiner par… euh, pardon, sans gêner les autres visiteurs. Certains musées, certaines expositions temporaires dans des salles trop étriquées ne se prêtent pas du tout à la station assise ; et les gardiens de salles ne voient pas toujours cette activité d'un très bon œil, soucieux qu'ils sont de préserver les pieds des visiteurs adultes (écraser un enfant, c'est tout de même inconfortable)… pardon, je recommence, de préserver la sécurité de tous les visiteurs - lors d'une exposition au musée de l'Orangerie, alors que nous avions installé nos filles dans un angle vide de tableaux, avec juste ce qu'il fallait de recul, mais complètement hors du passage des visiteurs, le gardien nous a gentiment demandé de les faire se lever (oui, oui, gentiment, c'est assez rare pour le signaler) ; comme nous protestions qu'elles ne gênaient personne, il nous a répondu qu'une évacuation d'urgence pourrait s'avérer dangereuse pour elles, en leur faisant risquer d'être piétinées (vous voyez, je n'exagère qu'à peine !).

S'il vous manque un ingrédient pour la recette "dessiner c'est gagné", si vous ne trouvez pas un banc libre pour installer face aux œuvres les mignons popotins (ou leurs carnets - à l'Orangerie, mon aînée a trouvé la posture idéale, à genoux entre les deux courbes du banc ovaloïde qui permet de contempler les Nymphéas), il vous faut donc opter pour la position debout qui est, comme chacun sait, celle du visiteur sérieux, absorbé par les informations historiques ou esthétiques et, bien sûr, par les œuvres, qu'il contemple avant de proférer son avis d'un air inspiré (remonter la main jusqu'au menton vous donnera plus de poids en cet instant), bref, celle d'un adulte venu s'instruire, et non griffonner sur un carnet. Une position qui s'avère également très confortable quand votre enfant a reçu (par miracle!) un petit livret de visite sur lequel il est invité à écrire des réponses voire (ça s'est vu !) à dessiner. Certains musées en proposent de très beaux ou de très bien faits, comme la Cité de la musique, le musée du Quai Branly (attention, il faut penser à le demander à l'accueil !), ou encore la Cité du patrimoine et de l'architecture (mais le livret est payant). Je déplore (vous remarquerez que mon penchant à la critique n'a pas tardé à repointer le bout de son nez) que ces livrets soient encore trop souvent absents (soit parce qu'ils n'existent pas, soit parce qu'ils sont épuisés…) ou invisibles : si on ne les propose pas spontanément aux visiteurs ou si on ne les installe pas en libre accès, bien en vue, c'est comme s'ils n'existaient pas ! Et je regrette aussi que leur usage soit le plus souvent réservé, dans l'esprit des personnels de musées, aux enfants en âge de lire et d'écrire : comme si les visites de musées n'étaient possibles que pour des enfants de 7 ans et plus, comme s'il ne s'agissait que de lieux scolaires, voués à l'apprentissage, et non à la découverte, à la curiosité, à l'émotion artistique, à la promenade. Les plus petits seraient ravis de visiter un musée avec en main un livret qui les guiderait, les inviterait à regarder quelques œuvres, et transformerait l'exposition en jeu de piste ! Mes filles ont régulièrement fait cet usage des dépliants fournis plus spontanément à l'entrée des musées ou expositions, dont ils signalent les incontournables : la visite devient alors un "cherche et trouve" géant, ma grande (6 ans et demi) manifestant toujours la même joie quand elle a trouvé une œuvre reproduite sur ce type de plaquette. Une recette reprise par le musée d'Orsay, qui propose plusieurs dépliants-posters (attention, il faut les demander, juste après avoir pénétré dans le musée, à l'accueil situé sur la gauche, où ils sont jalousement rangés dans une étagère et distribués avec parcimonie) : chacun offre une sélection d'œuvres regroupées autour d'un thème ; le support est peu pratique, les sujets un peu bébêtes ("princes et princesses", "héros", "sports de combat") et pas complètement adaptés au contenu du musée, mais l'idée est bonne (parcourir le musée à la recherche de quelques œuvres que l'on regardera de plus près), et d'autant plus bienvenue dans un si grand musée.

Crayons, carnets ou livrets, tout cela, allez-vous me dire, n'est pas bien original. Mais s'il reste de la place dans votre sac à dos à côté du goûter, j'ai plus ringard encore à vous proposer : glissez-y un livre ! Certains ouvrages peuvent à la fois permettre de préparer la visite avec vos enfants, et les accompagner ensuite à travers le musée. Ils ont cet avantage sur les dépliants et autres posters d'avoir été à votre disposition chez vous ou pendant votre trajet dans les transports en commun, mais aussi de fournir aux jeunes visiteurs des informations susceptibles d'attiser leur curiosité. Il existe évidemment pléthore de livres pour enfants consacrés aux plus grands musées français ; beaucoup sont cependant très riches, à la fois en images et en informations, et donc peu adaptés aux plus jeunes. On retrouve encore une fois dans ces documentaires l'approche scolaire qui est, en France, celle du contact que les enfants ont avec les musées (même si aujourd'hui Vigipirate empêche la plupart d'entre eux de s'y rendre avec leur classe, en tout cas en primaire). A les lire, on a l'impression que visiter un musée n'est intéressant que lorsqu'on étudie l'Histoire et que l'on commence à en maîtriser les principales périodes, ce qui intervient assez tard finalement. Je vous proposerai, à rebours de cette approche, des ouvrages qui invitent les enfants non pas à apprendre, mais à rêver et à voyager grâce aux œuvres exposées dans les musées. Il existe ainsi une collection très bien faite, écrite par l'excellente Marie Sellier, dont chaque volume est consacré à un musée en particulier, les titres déclinant la formule Mon petit Louvre / Orsay / Versailles etc. Je suis loin de les avoir tous explorés, mais la formule est plaisante autant qu'efficace : le livre commence comme un inventaire à la Prévert ("Au Louvre, il y a..."), rythmé par la répétition des "il y a" qui l'apparente à une poésie ; chaque double page présente une œuvre du musée, photographiée d'un côté, et décrite de l'autre - encore que décrire ne soit pas le terme approprié. Dans Mon petit Louvre, par exemple, ce sont souvent les œuvres ou les personnages qu'elles représentent qui parlent à la première personne ; le court texte qui accompagne chaque œuvre amène l'enfant à se poser des questions, à regarder de plus près un détail, à interroger ses propres sensations ou émotions. On est donc très loin d'une description informative ou technique : en lisant ces petits livres on se promène déjà dans le musée comme dans un monde imaginaire peuplé de personnages mystérieux ou fascinants. Leur lecture prépare très bien l'enfant à sa visite, en lui donnant envie de voir les œuvres "en vrai", et en ménageant le plaisir de la reconnaissance une fois sur place. Et nous avons également emporté certains de ces ouvrages lors de nos visites, au musée Guimet notamment, où notre aînée a pris goût pour ce jeu de "cherche et trouve" qu'elle reproduit aujourd'hui avec les dépliants des musées. La recette rencontre un peu moins de succès dans les grands musées, soit parce qu'on ne les parcourt jamais en entier (comme le Louvre, mais reconnaître les œuvres découvertes auparavant lors de la lecture reste un plaisir, même s'il est moins répété), soit parce que les œuvres exposées subissent une rotation qui rend le livre vite obsolète (c'est notamment le cas de Mon petit Centre Pompidou). Dans ce cas, emporter l'ouvrage dans son sac est moins indispensable, mais il reste une bonne porte d'entrée dans la visite que vous projetez de faire avec votre enfant.

Il est également possible de laisser une part plus grande à l'imaginaire dans cette préparation de visite par les livres. Nous avons rencontré un grand succès de ce côté avec le livre qui m'a inspiré le titre de cet article, Petit Noun. Il appartient à une autre merveilleuse collection de livres sur l'art destinés aux enfants, la collection "Pont des arts" aux éditions de L'Elan vert, qui compte aujourd'hui 60 ouvrages, la plupart consacrés à une œuvre qui inspire à la fois l'auteur et l'illustrateur pour la création d'une histoire et d'un univers originaux (l'œuvre inspiratrice est toujours reproduite à la fin de l'ouvrage, et l'enfant découvre avec étonnement qu'il a en fait voyagé à l'intérieur d'une œuvre d'art célèbre ou vers elle). Petit Noun est un hippopotame bleu qui vit sur les bords du Nil en des temps immémoriaux ; il a accompagné un ami humain dans la tombe, mais sort un jour de l'oubli pour un voyage initiatique qui l'amène à rejoindre les siens dans une vitrine d'un célèbre musée parisien. L'histoire et les illustrations, toutes douces et poétiques, ont immédiatement séduit notre aînée, alors qu'elle avait 2 ans et demi. Retrouver petit Noun dans sa vitrine est devenu alors une sorte de pèlerinage, nous rendions visite à un ami pour lui remonter le moral - "il est tout seul, il est triste". Cet attachement affectif, qui nous forçait parfois à traverser tout le musée juste pour voir petit Noun avant de partir, a duré assez longtemps, et participe peut-être de la tendresse toute particulière que nous avons tous pour les visites au Louvre : en même temps qu'un lieu de promenade agréable à parcourir (si l'on sait éviter les sections surpeuplées pour privilégier, par exemple, la section "sculpture française", toujours tranquille), le musée était un lieu de retrouvailles avec un personnage aimé, avec un imaginaire porté par un joli livre que nous avions plaisir à relire à la maison. Récemment mon mari l'a emporté avec lui alors qu'il visitait le Louvre avec notre aînée et certains de ses camarades (il s'agissait d'une visite en famille dans le cadre d'un projet d'école, pas d'une visite scolaire), et il a remporté un franc succès en le lisant face à la vitrine pour ma fille et l'une de ses copines (qui ne connaissait pas le livre). Les enfants apprécient toujours les visites contées que nous avons pu tester (à la Cité de la musique ou au Quai Branly, par exemple, mais nous en avons croisé de nombreuses, tout aussi attirantes, au musée Guimet par exemple, ou à la Fondation Vuitton) - alors pourquoi pas des visites-lectures ?


Collection "Mon petit…", ouvrages de Marie Sellier publiés par la Réunion des musées nationaux : 10 opus consacrés à des musées parisiens (et Versailles), conseillés à partir de 5 ans (mais on peut les lire avant !) - 10 euros ; auxquels s'ajoutent 3 opus consacrés à des peintres (Cézanne, Matisse, Degas), conseillés à partir de 8 ans ; prix entre 12 et 13,50 euros.

Collection Pont des Arts : ouvrages de divers auteurs (un tandem auteur-illustrateur), consacrés à une œuvre précise le plus souvent, le choix d'œuvres allant de la préhistoire à Pompon, en passant par Monet, Bosch ou Delacroix ; plusieurs volumes sont consacrés à des œuvres présentent au Louvre (outre Petit Noun, la Joconde, Le Radeau de la Méduse, La Liberté guidant le peuple), mais l'impressionnisme et l'art moderne ne sont pas négligés, chaque période historique se voyant consacrer au moins un ouvrage ; âges conseillés divers selon les volumes ; prix autour de 14-15 euros.

jeudi 10 août 2017

Visites en solitaire

(Cité du vin - Bordeaux ;       Cité de l'Océan - Biarritz)

Cet été, c'est vers le sud-ouest que nous a porté le vent des vacances en famille, pour une nouvelle combinaison-compromis une semaine ville et culture - une semaine plage : après Nantes et Le Croisic, ce sont Bordeaux et Biarritz qui, ligne à grande vitesse aidant, ont reçu la visite de nos deux tornades et de leurs parents. L'occasion pour nous de découvrir un tout nouveau type de musée, visiblement à la mode dans la région - un musée qui n'en est presque plus un d'ailleurs, d'où peut-être le titre ronflant de "Cité" choisi dans les deux cas.

Mais quelle différence entre un musée et une cité ? Si je pense aux deux que nous avons visitées cet été, mais aussi aux Cités de la musique, des Sciences ou encore de l'Architecture à Paris, la cité serait un lieu consacré à un objet précis (et non à une région, une période ou un art), à un objet qui ne s'expose pas (à l'opposé des peintures et sculptures qui occupent les institutionnels musées) : un objet qui se visite ou s'écoute, s'apprend ou se goûte. Un objet qui se découvre et s'appréhende de multiples manières, et pas seulement par la vue. L'autre point commun de toutes ces cités est effectivement l'appel aux 5 sens (senteurs du vin et de ses arômes, toucher des pierres ou des percussions, musiques de l'océan ou des instruments, goût du verre de vin dégusté à la fin de la visite de la Cité bordelaise) et, plus globalement, à la manipulation (à son sommet à la Cité des sciences, cette tendance est aussi largement représentée dans les différents ateliers de la Cité de l'Architecture et du Patrimoine). Car le recours à l'interactivité est sans doute le principal dénominateur commun de ces cités, qui veulent ainsi se distinguer des musées "traditionnels", où le visiteur est encore, le plus souvent, passif face aux œuvres - même si de nombreux musées tentent de casser cette image, notamment à destination des enfants, l'interactivité n'y est le plus souvent que seconde, car systématiquement associée à une visite organisée ou à un support spécifique, et suppose donc une démarche de la part du visiteur.

Cette interactivité - qui, à Biarritz, transforme presque la Cité en un parcours d'activités - atteint des sommets aux Cités du vin et de l'océan, sous des formes très diverses cependant : à Bordeaux, chacun dispose d'un casque et scanne le code des animations (vidéos et vitrines animées) qu'il souhaite découvrir ; le parcours que l'on suit ainsi en autonomie est également jalonné de bornes interactives, de projections sous divers formats, et de quelques vitrines, sans oublier les cabinets de senteurs ; à Biarritz, point d'audioguide, mais une succession d'espaces interactifs sous des formes variées et dans des décors complets (squelette de baleine, bathyscaphe, station polaire etc.) ; les informations sont tantôt projetées sur le sol, où vous manipulez le menu avec vos pieds (dispositif un peu capricieux), tantôt fournies à l'occasion d'un jeu de memory, ou par des têtes parlantes accrochées au mur. Les écrans ont la part belle dans ces deux cités. Mais ce qui m'a le plus frappée, et gênée, ce n'est pas la profusion des images et des écrans, au fond assez prévisible dans ce type d'espace. C'est que le parcours de visite proposé, dans l'un et l'autre cas, impose une visite très individualiste - en somme, les Cités sont des musées de notre temps, en accord avec le solipsisme dominant. Mais cette modernité en fait des espaces peu propices au partage et donc aux visites en famille.

Ce constat doit cependant être nuancé en ce qui concerne, assez paradoxalement, la Cité du vin, qui semble pourtant isoler les visiteurs les uns des autres en les munissant chacun de leur casque. Tout d'abord parce que, comme dans beaucoup de musées à Bordeaux (j'y reviendrai dans un autre billet), une effort réel est mené vis-à-vis des enfants : une version "enfants" de l'audio-guide est proposée, avec des casques à peu près adaptés (alors que je me souviens m'être battue avec les casques de la Cité de la musique - là aussi au audioguide enfants est disponible - qui glissaient tout le temps). Passées les dix premières minutes, temps d'adaptation nécessaire pour que notre grande comprenne le fonctionnement de la machine et le parcours sans avoir envie d'aller trop vite d'un écran à l'autre, au risque de se (nous) perdre, elle a été véritablement intéressée par les petites présentations du parcours historique (que nous n'avons pas suivi de manière exhaustive, toutefois, car il s'avère un peu long, surtout pour notre cadette de deux ans et demi, pour qui l'audioguide était encore un peu trop compliqué). Captivée, elle écoutait très sérieusement, et voulait tout voir, tout entendre. Même si j'ai trouvé cette visite moins reposante que celle d'un musée traditionnel, surtout à la "mise en route", je dois reconnaître que cette Cité a beaucoup plu à notre aînée (et pas déplu à la cadette). Disons simplement qu'une visite partagée demande plus d'efforts dans ce type d'espace hautement interactif : efforts pour trouver un bon rythme de visite, pour coordonner ses pauses et temps d'écoute, efforts pour décoller les enfants des écrans lancés en boucle, efforts aussi pour se faufiler entre les autres visiteurs, chez qui la tendance à se coller aux "œuvres" est ici accentuée par le format réduit des écrans et vitrines animées. À cela s'ajoute les efforts pour comprendre comment fonctionnent certaines bornes interactives peu accessibles pour les enfants, et parfois un peu capricieuses. Car c'est là le risque de ces musées tout-technologiques : que ça ne marche pas ! C'était le cas de certaines bornes à Bordeaux comme à Biarritz, ce qui réduisait les possibilités ; j'ajoute qu'à la Cité du vin l'individualisation de la visite connaît une limite technique un peu agaçante : les bandes sons étant le plus souvent adossées à des vidéos ou animations diffusées en continu, lorsque vous scannez un code, le son démarre au point où se trouve la projection au moment de votre arrivée - cela peut être en plein milieu ou même dix secondes avant la fin...

Mis à part ces quelques couacs techniques, et la contrainte de l'audioguide, la Cité du vin est un espace attractif, et suffisamment riche pour que chacun y trouve son compte. Sa grande qualité est la diversité des activités proposées, l'audioguide n'épuisant pas toutes les possibilités, et de loin. Et c'est grâce à cette variété que le partage est possible : on s'arrête ensemble dans la salle où sont projetés les voyages imaginaires d'un Bacchus traversant le temps et les océans en protégeant les cargaisons de vin ; c'est ensemble aussi que l'on se laisse bercer par la musique qui accompagne une projection d'œuvres d'art que l'on contemple, au-dessus de nos têtes, dans un sofa rond qui forme comme un cocon sonore ; ensemble nous avons découvert les senteurs surprenantes qui peuvent s'associer à celles du vin. Le seul moment difficile à partager est celui de la dégustation finale, que nous avons un peu "expédiées", nos filles trouvant le temps long malgré la belle vue qu'offre la salle du dernier étage. C'est surtout avec nos verres de vin que nous avons pensé que cette visite aurait été plus simple sans enfants.

Cette pensée, au contraire, ne nous a pas quittés tout au long de notre (trop rapide) visite à la cité de l'Océan, à Biarritz (1). Bornes interactives au fonctionnement peu intuitif ou qui ne fonctionnent pas, joysticks trop difficiles à manier pour nos filles et, surtout, plusieurs activités de réalité virtuelle qui ne sont accessibles qu'à partir de 13 ans (ou du moins déconseillées entre 6 et 13 ans) : une plongée à 180° dans les eaux australiennes (tortues, dauphins et autres beautés de l'océan) et une séance de surf virtuel, rendues possibles par des lunettes qui vous immergent dans une autre réalité (et des planches mobiles pour la seconde). Nous n'avons testé que la première de ces deux activités, mais nous avons été obligés de le faire seuls, séparément, pendant que l'un de nous gardait les filles et les emmenait dans un autre espace. C'était un peu dommage de ne pas pouvoir partager cela, et presque tout le reste était trop difficile pour nos filles. Nous avons testé la plongée en bathyscaphe dans le gouffre de Cap Breton (un film en 3D), mais cela les a un peu effrayées. Quant à la démonstration-présentation du poulpe géant - virtuel lui aussi - je l'ai trouvée un peu décevante - le poulpe ne fait pas grand-chose, à part aller chercher ses proies à toute vitesse - et mais aussi un peu longue et lente pour des enfants. Même la salle consacrée aux enfants (car il y en a une, mais il faut bien la chercher !) est décevante : il s'agit plutôt d'un espace dédié aux animations ; le reste du temps, hormis quelques livres, deux puzzles, et trois planches de surf en mousse, les visiteurs y trouveront bien peu de choses pour compenser la frustration née dans les salles d'exposition. Le fait même que cette salle existe, et soit si isolée, illustre bien l'esprit dans lequel cette Cité a été conçue, sans penser aux visites en famille, mais plutôt aux ados, jeunes adultes et adultes qui vont faire du surf sur la plage de la Milady toute proche. La Cité biarrote semble née d'un délire de surfeurs et de scientifiques passionnés par l'océan, plutôt que d'un projet de vulgarisation ouvert à tous les publics. Bref, ce n'est vraiment pas un musée !


(1) Globalement, les "musées" biarrots au sens large nous ont un peu déçus : le musée Asiatica compte de très belles pièces, mais exposées dans un espace un peu petit et entassé, qui tient plus du cabinet de curiosité - c'est dommage, car il y a une vraie volonté d'accueillir tous les publics, des plus pointus (livres et brochures très complètes sont disposés sur des bureaux où l'on peut s'installer confortablement) aux plus jeunes (petites tables et chaises, coloriages et crayons sont disposés à chacun des deux étages, et complètent le livret distribué à l'entrée, sympathique mais mal organisé malheureusement, dans le même esprit "fouillis" que le musée malgré une grande volonté pédagogique affichée) ; j'ajoute qu'il s'avère un peu cher pour le temps que l'on y passe ; quant à l'aquarium, il est un peu étroit pour l'affluence familiale qu'il reçoit, même si les enfants sont toujours ébahis devant les tortues de mer ou les otaries.



Cité du Vin : ouvert tous les jours, de 9h30 à 19h30 en été (horaires plus restreints aux autres périodes de l'année, voir le site) ; billet parcours permanent + belvédère (avec dégustation) 20 euros (réductions étudiant, handicap etc. 16 euros) ; 9 euros pour les enfants de 6 à 17 ans, gratuit pour les moins de 6 ans ; pack famille (2 adultes, 2 à 4 enfants), 50 euros.
Cité de l'Océan : ouvert tous les jours à la haute saison (fermé le lundi en hiver ; plus 3 semaines de fermeture en janvier), 10h-22h en été (horaires plus restreints aux autres périodes de l'année, voir le site) ; plein tarif 11,90 euros, de 13 à 17 ans 8,90 euros (tarif qui concerne également les tarifs réduits adultes : étudiants etc.), de 6 à 12 ans 7,50 euros, gratuit pour les moins de 6 ans. Possibilité de billet combiné avec l'aquarium de Biarritz (19,90 euros pour les adultes, 15,50 euros pour les 13-17 ans et les tarifs réduits, 13,50 pour les 6-12 ans, 10,50 euros pour les 4-5 ans).

vendredi 23 septembre 2016

Leçon de guitare (pas si) sommaire



(Musée de la Musique - Atelier "Qui veut jouer avec moi?")


La musique, comme les livres et (vous l'aurez deviné) les musées, tient une place importante dans la vie de mes filles : leur père, qui joue de l'orgue à ses heures perdues, leur en fait écouter de toute sorte, et la grande, inscrite cette année à un cours de danse (une des rares activités possibles à son âge) aime à se déhancher sur Mozart aussi bien que sur la Compagnie créole, entraînant sa petite sœur qui remue déjà énergiquement son popotin. Il n'est donc pas étonnant que, parmi nos musées d'affection, ceux auxquels nous revenons régulièrement, se trouve le Musée de la Musique. Nous avons déjà parcouru à plusieurs reprises son exposition permanente, sans oublier une exposition temporaire et des ateliers pour les enfants - je vous ai déjà raconté la visite que nous avions faite autour du thème des dragons. Nous y sommes retournées au mois de juin, ma grande et moi, pour un nouvel atelier qui est venu couronner une belle après-midi entre filles.

Arrivées tôt, nous avons d'abord fait un petit tour dans l'exposition permanente - sans audioguide, mais avec le livret pour enfants. Lors d'une précédente visite, nous avions testé l'audioguide pour enfants (officiellement à partir de 6 ans, même si les plus petits peuvent en apprécier les extraits musicaux et les explications), très intéressant mais contraignant et peu pratique : le casque, trop grand, glissait des oreilles de notre grande-pas-assez-grande ; de plus, comme il était relié à mon appareil, nous étions liées l'une à l'autre, et ma fille n'était pas libre de ses mouvements - sauf à se retrouver déconnectée. Ces détails pratiques sont regrettables, car ils empêchent de profiter pleinement de l'audioguide, qui offre pourtant un complément auditif agréable, et parfois indispensable, à la partie visuelle de la visite. Ainsi, dans la dernière section du musée, consacrée aux instruments du monde, plusieurs extraits vidéos sont projetés sur des écrans, et l'on ne peut en écouter la bande son que par le biais de l'audioguide : sans le casque, les écrans restent muets, ce qui s'avère plutôt frustrant quand les images montrent des musiciens en action. C'est par cette section que nous avons commencé notre rapide (re)tour dans le musée ce mercredi-là : étant la dernière, elle est aussi celle que nous traversons le plus rapidement, ce qui est bien dommage, car elle est très riche ; elle permet notamment aux enfants de jouer de la sanza, lamellophone africain qui fait partie des cinq points "Touchez la musique" du musée (cinq instruments à manipuler, sans forcément en jouer : une viole de gambe dont on caresse les différents éléments, les morceaux d'un orgue dont on manipule les soufflets et les jeux, une trompette, dont les tuyaux s'allument en fonction des pistons actionnés, un theremin - un peu difficile à maîtriser -, et la sanza, sans doute le plus facile et le plus ludique des cinq).

A défaut de casque, nous avions en main ce jour-là le livret-jeu disponible à l'accueil - il faut le demander, surtout si votre enfant est un peu jeune, car il est plutôt destiné aux visiteurs qui ont sept ans et plus, notamment parce qu'ils sont censés pouvoir lire les cartels. Et de fait, le livret est long, parfois difficile, mais propose des activités variées, parmi lesquelles on peut faire un choix, en fonction des envies, des goûts et du rythme de visite de l'enfant. J'ai choisi une double page concernant les instruments d'Afrique, à relier à leurs régions d'origine ; bien entendu, c'est moi qui ai lu les cartels et les indications sur la carte, mais retrouver les huit instruments dans les deux grandes vitrines de la section africaine a bien occupé ma fille, et lui a permis de mieux observer luths, tambours, trompes et cloches. Puis nous avons parcouru le musée "à l'envers", au gré des envies de l'une et de l'autre. Si l'étage du xxe siècle, un peu technique, un peu abstrait, ne l'a pas arrêtée longtemps, ma fille a voulu revoir l'octobasse, immense contrebasse de presque 4 mètres, qui ne cesse de l'impressionner. Je l'ai emmenée reconnaître, avec le livret comme support, les instruments de l'orchestre du xviiie présentés dans une vitrine, nous avons joué, sur le livret, à retrouver les embouchures et anches des instruments à vent. Au passage, nous avons admiré les harpes, les clavecins, véritables œuvres d'art...

Puis ce fut l'heure de l'atelier. Contrairement à ce qui s'était passé lors de la visite sur les dragons, c'est par la pratique musicale en groupe que notre guide a choisi de commencer. Le thème était censé être celui des familles d'instruments. Pas de leçon formelle, cependant, rien de "scolaire", et je ne crois pas que l'animatrice (qui n'avait rien d'une conférencière, donc, mais savait gérer un groupe d'enfants plus ou moins concentrés) ait jamais prononcé l'expression de "famille d'instruments". Pourtant, les enfants ont appris des tas de choses, en manipulant. Ce qui nous a le plus plu, en effet, dans cette visite-atelier, c'est le nombre d'instruments manipulés en si peu de temps : après le gong, que chaque enfant a fait sonner, nous avons tous eu en mains (les parents aussi, oui) un instrument à percussion, qui un tambourin, qui un djembé. Puis ce fut le tour des maracas, clochettes et autres instruments à agiter. Les cordes, ensuite, ont été déclinées sous plusieurs formes : des guitares, mais aussi une harpe et un violon, qui sont passés de main en main. Tout cela très rapidement, mais sans à peu près : nous avons appris à positionner nos mains sur nos percussions pour produire sons graves et sons aigus, les guitares et violons ont été mis en place correctement entre les mains de chaque enfant, et chaque famille d'instruments nous a donné l'occasion de jouer tous ensemble. La séance, menée de main de maître (mais tout en douceur), s'est terminée sur quelques explications sur l'accordéon, en prévision du concert-démonstration offert ce jour-là dans les salles du musée par une bandonéoniste - instrumentiste très intéressante et agréable à écouter.

Après la pause-concert, nous avons commencé notre visite guidée du musée, avec plusieurs stations intéressantes, nourries d'anecdotes. Notre conférencière avait choisi notamment de s'arrêter devant les pochettes des maîtres à danser du xviie et, après avoir commenté pour les enfants la maquette du château de Versailles et leur avoir parlé des fêtes du roi Soleil éclairées de mille chandelles, après avoir raconté les mésaventures fatales de Lully avec son bâton de maître de danse, elle a allumé son appareil portatif pour faire écouter aux enfants la musique de l'époque, mais surtout pour les faire danser ! Un moment charmant qui les a tous réjouis ! Cette visite, intéressante pour les petits comme pour les grands, jamais bébête, ni trop longue ni trop rapide, car elle reposait sur une petite sélection d'instruments, s'est achevée par un instant d'admiration et d'étonnement devant la toute dernière acquisition du musée, en vitrine alors depuis à peine une semaine : une guitare tortue, sorte d'instrument-bijou qui a fasciné petits et grands.

Visite-atelier « Qui veut jouer avec moi ? » - Tarif : 8 euros (enfant), 10 euros (adulte). Durée : 1h30. Enfants de 4-7 ans.

Agenda Enfants et familles de la Cité de la musique : http://philharmoniedeparis.fr/fr/agenda?public[0]=233&public[1]=234&public[2]=235

Musée de la musique – Tarif : 7 euros ; gratuit pour les moins de 26 ans.
Poussette non acceptée. Le musée prête poussette et/ou porte-bébé.
Pas de « point goûter » à l’intérieur du musée, mais une sortie temporaire est possible ; on peut alors s’installer dans le café de la Philharmonie, ou sur les grandes banquettes du hall.

jeudi 24 mars 2016

Des dragons qui crachent du son

(Musée de la musique – Cité de la musique, Philharmonie de Paris)

La Cité de la musique (voisine et cousine de la Cité des Sciences) offre une grande variété d’activités pour les familles, de l’éveil musical pour les tout-petits (apparemment pris d’assaut) aux ateliers de pratique d’instruments du monde entier. Comme souvent, les « petits » (avant 7-8 ans) ont moins de choix que leurs aînés, mais l’agenda de la Cité est extrêmement riche, et ils peuvent notamment participer à plusieurs activités associant visite du Musée et pratique ludique de la musique.

Pendant les dernières vacances d’hiver, mon aînée et moi avons testé pour vous la visite-atelier intitulée « Des dragons au Musée », proposée aux enfants de 4 à 6 ans (des enfants plus âgés, souvent aînés d’une fratrie, y assistaient cependant). Elle s’articule autour de deux activités, séparées par un petit intermède. Ces trois moments permettent d’aborder la musique sous trois angles différents, et invitent les enfants à adopter, vis-à-vis des instruments, trois postures successives.

La conférencière nous a d’abord guidés à travers le Musée de la musique, en ménageant deux longues pauses devant un instrument : une imposante cloche vietnamienne (premier instrument que l’on découvre en entrant dans le musée), ornée de deux dragons, puis un cornet à bouquin dont le pavillon prend la forme d’une gueule de dragon. Ces deux stations sont l’occasion d’aborder quelques éléments du vocabulaire musical (grave et aigu, embouchure), mais aussi d’évoquer la pratique des instruments (différentes manières de faire sonner une cloche, technique à maîtriser pour produire du son avec un instrument à vent) et leurs fonctions (notamment l’usage rituel de la cloche vietnamienne). Nous avons également pu écouter le son produit par ces deux instruments grâce à des enregistrements. Mais ce qui était au fond le vrai sujet de cette visite n’était pas la musique, mais les dragons : dragons orientaux, bénéfiques et aquatiques, dragons occidentaux, cracheurs de feu et destructeurs de cités. Chacun des deux instruments fut en effet le point de départ d’une histoire de dragon : un conte chinois ayant pour héros le bienveillant Pulao, et la fameuse aventure de Saint Georges terrassant le dragon qui sévissait à Silène. Chaque histoire a duré un bon quart d’heure, prenant largement le pas sur la dimension musicale de la visite, et du musée lui-même. Agréablement racontées, ces histoires étaient cependant écoutées avec attention par la plupart des enfants, et constituaient un biais original pour les amener à observer les deux instruments.

La visite, ainsi conçue autour de ces deux instruments, se concentre uniquement dans la première salle-étage du musée, consacrée aux instruments du XVIIe siècle (à part une très petite première section – où se trouve la cloche vietnamienne, d’ailleurs – appelée « origines » et destinée à montrer que la musique est présente dans toutes les cultures). Après nos deux longues stations, nous avons simplement traversé, sans plus nous arrêter, cette salle puis la seconde qui, au second étage, présente des instruments du XVIIIe siècle, pour nous rendre dans le coin concert situé au cœur du musée. Et nous n’aurons pas vu les autres salles, consacrées aux XIXe et XXe siècles, ainsi qu’aux musiques du monde. Il faut dire que le musée est grand et foisonnant, et qu’une visite organisée pour des enfants doit forcément être sélective. Peut-être celle-ci l’était-elle à l’excès, à cause de son sujet, forcément restreint dans un tel musée. Mais pour des petits, ce n’était pas un mauvais choix : le fil rouge de la visite, les dragons, était connu de tous et familier ; sans empêcher la découverte d’éléments nouveaux, parfois techniques, il donnait une cohérence au parcours.

Une cohérence qui n’était rompue que par un court intermède : au second étage, ainsi que dans la salle consacrée aux musiques du monde, se trouvent deux petites scènes où, chaque jour, un musicien vient faire découvrir son instrument et offrir un petit concert commenté aux visiteurs du musée. L’animation « Musiciens au Musée » présente ainsi un concert chaque jour différent, dont l’intérêt varie selon vos goûts et selon le talent qu’a le musicien pour parler de son instrument. Cet après-midi-là, il s’agissait de guitare manouche.

Le lien avec les dragons fut rompu pendant les quelques minutes que durèrent cet intermède musical. Mais il fut renoué ensuite pour la seconde partie de notre activité, l’atelier. Dans une salle dédiée à la pratique musicale en groupe, les enfants, assis en demi-cercle, se sont essayés à la manipulation d’instruments très variés, parfois surprenants et amusants. Il s’agissait alors de produire des sons qui évoquent les quatre éléments, que les dragons symbolisent dans les différentes cultures : la terre, sur laquelle il s’appuient pour prendre de la force, l’eau dans laquelle ils vivent parfois, le feu qu’ils crachent et l’air qui siffle autour de leurs ailes. Chaque enfant se voyait attribué un instrument et, par groupes de quatre, ils imitaient le roulis des vagues ou le fracas des tremblements de terre. Une fois tous les instruments distribués, l’ensemble était quelque peu cacophonique – les enfants ne se contentant pas de jouer seulement quand leur élément était concerné.

Pour ma part, j’ai trouvé un peu frustrant que ma fille ne soit amenée à manipuler qu’un seul instrument (sur la fin, elle en a eu un deuxième), j’aurais trouvé sympa que les instruments circulent de main en main. Mais peut-être le capharnaüm se serait-il ajouté à la cacophonie, le tout devenant ingérable. En tout cas, le principe de l’atelier m’a semblé un peu limité : les enfants devaient jouer quand leur élément était « appelé », et comme ils ne jouaient que d’un instrument (à part les plus grands), j’avais le sentiment que nous tournions un peu en rond. Mais les apprentis musiciens étaient ravis – et après tout c’est là l’essentiel : « j’ai fait de la musique avec des copains », a résumé ma grande. Et avec un grand sourire !

Visite-atelier « Des dragons au Musée » - Tarif : 8 euros (enfant), 10 euros (adulte). Durée : 1h30.



Agenda Enfants et familles de la Cité de la musique : http://philharmoniedeparis.fr/fr/agenda?public[0]=233&public[1]=234&public[2]=235


Musée de la musique – Tarif : 7 euros ; gratuit pour les moins de 26 ans.
Poussette non acceptée. Le musée prête poussette et/ou porte-bébé.
Pas de « point goûter » à l’intérieur du musée, mais une sortie temporaire est possible ; on peut alors s’installer dans le café de la Philharmonie, ou sur les grandes banquettes du hall.