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jeudi 19 mai 2016

Prière de... s'asseoir

(exposition Pierre Paulin - Centre Pompidou)

Varier les plaisirs (de musées). C'est avec cet objectif que nous avons visité la petite exposition qui présente, au centre Pompidou, quelques-unes des créations du designer Pierre Paulin, qui s'est notamment distingué par ses sièges : les fauteuils Tongue à superposer, le fauteuil Mushroom bleu électrique, les canapés collectifs et banquettes pour deux, Dos-à-dos ou Face-à-face, ou encore le Tapis-siège dont les angles se relèvent pour que vous puissiez vous y appuyer, tous sont présents, dans l'espace lumineux de la Galerie 3 (au premier étage, du côté opposé à l'entrée et à la Galerie des enfants), habilement organisé en plusieurs espaces séparés par des rideaux en plastique blanc aux belles ondulations, et par des paravents tout aussi contemporains. Ils sont accompagnés de quelques meubles, objets et luminaires, mais aussi par des dessins et projets (concernant notamment la salle-à-manger des Pompidou à l'Elysée). Couleurs vives, lignes épurées, matières nouvelles, voilà les marques de la modernité de Paulin, qui connaît et honore cependant ses classiques : la boudeuse avec Dos-à-dos, le fauteuil Crapaud avec Mushroom, ou encore la chaise curule des sénateurs romains.

Sièges et meubles, présentés sur des plateformes dont on peut parfois faire le tour, sont joliment mis en valeur par leur présentation par petits groupes, dans un espace qui semble mouvant, dynamique. Leur découverte est complétée par trois vidéos : la première est une interview de Paulin qui vous accueille dès l'entrée de l'exposition pour vous raconter son parcours ; la seconde, sur un petit écran, permet d'admirer les meubles et aménagements créés par Paulin pour l'Elysée, et d'en comprendre la conception ; la troisième, à nouveau sur grand écran, semblait captiver les visiteurs. Il faut dire qu'elle constituait un bon prétexte pour tester quelques sièges Paulin et s'y lover confortablement. Toutes les places étaient d'ailleurs prises sur les fauteuils Tongue et Grand Tulip disposés dans cet espace rendu d'autant plus cosy par un tapis "pliable" qui habille de douceur mur et sol tout ensemble.

Ludique et créative, la mise en scène de cette exposition est elle-même un acte de design intérieur. On se cache, on dévoile ou devine les meubles, en passant de l'autre côté des rideaux ou en jetant un œil à travers les ronds transparents qui s'y découpent. Un jeu de cache-cache qui a d'emblée amusé notre fille. Elle a été surprise ou intriguée par certains meubles ("ça ne doit pas être très confortable", a-t-elle lancé devant un fauteuil tout en métal), et nous avons joué à reconnaître leurs formes (langue, champignon, serpent...) ou à lui faire deviner la double utilité du Tapis-siège. Le visiteur peut même observer la structure métallique de l'emblématique fauteuil Mushroom. Je n'ai découvert qu'une fois rentrée à la maison que le petit dépliant offert sur les présentoirs à l'entrée de l'exposition proposait, sous le titre "Paulin en famille", un jeu de cherche-et-trouve tel que celui que nous avions improvisé, ainsi que quelques questions et un jeu d'association, plutôt destiné à des enfants qui savent lire les cartels de l'exposition. J'aurais bien aimé pouvoir l'exploiter avec notre aînée, qui n'a cependant pas eu besoin de livret ou de crayons pour apprécier cette promenade au milieu de meubles amusants et accueillants, à l'image de la tente sous laquelle elle a eu envie de danser - ou de coucher ses poupées !


Du 11 mai au 22 août 2016.
Galerie 3, niveau 1 - Centre Pompidou.
Ouvert tous les jours (sauf le mardi) de 11h à 21h (23h le jeudi).
Tarif : 14€ (tarif réduit à 11€) ; gratuit pour les moins de 18 ans.

Taille minimale requise

(exposition Klee - Centre Pompidou)

Une fois n'est pas coutume, c'est à deux, entre adultes, que nous sommes allés visiter l'exposition que le Centre Pompidou consacre à Paul Klee, sous un intitulé mystérieux : "L'ironie à l'œuvre". Il faut lire la présentation de l'exposition pour comprendre que le fil rouge de cette importante rétrospective (près de 250 œuvres sur les presque 10 000 produites par l'artiste) n'est pas le sourire provoqué par l'ironie au sens habituel du terme : les commissaires d'exposition ont plaqué sur cette œuvre prolifique un concept (me semble-t-il) anachronique, celui d'ironie romantique, pour mettre l'accent sur la réflexivité de l'œuvre de Klee (l'artiste tente de dire l'indicible, s'interroge sur les moyens qu'il met en œuvre pour réaliser cette tâche fondamentalement impossible) mais aussi sur la distance qu'il a toujours prise avec les modèles et les courants qui lui ont été contemporains (le cubisme, le constructivisme, le surréalisme, Picasso, etc.). Cette "thèse" est déclinée en plusieurs étapes qui constituent en fait une traversée chronologique de l'œuvre de Klee, et point n'est besoin de comprendre le concept d'ironie romantique et ses applications diverses par les commissaires pour apprécier cette exposition. Très riche, elle permet de découvrir la variété des créations de Klee, des dessins satiriques de ses débuts, qui font penser à Honoré Daumier, à ses toiles les plus connues, en passant par les marionnettes qu'il a créées pour son fils.

Pourquoi vous parler de cette exposition ici, puisque nous l'avons visitée sans les enfants ? Parce qu'on est parents même quand les enfants ne sont pas là, et que nous avons pensé à nos filles pendant la visite. Parce que nous n'avons pas regretté d'y avoir été sans elles et que nous n'y retournerons pas avec elles, comme nous l'avions envisagé. Et pour que vous sachiez à quoi vous attendre si vous voulez visiter cette exposition avec vos enfants.

Le problème ne vient pas d'un manque d'intérêt de l'exposition, qui nous a beaucoup plu à tous les deux, ni de la difficulté des œuvres, magnifiques et, pour la plupart, tout à fait visibles et compréhensibles pour des petits. Non, cela tient à un détail pratique tout bête : la hauteur d'accrochage ! Toute la première partie de l'exposition (deux grandes salles avec de petites "sous-salles") présente des dessins qui sont le plus souvent exposés à hauteur du visage d'un adulte (en tout cas du mien) - quelques autres sont à plat dans des vitrines, notamment ceux qui constituaient des livres satiriques. Le tout bien trop haut pour que notre fille aînée, par exemple, puisse les voir sans être portée.

Si vous voulez (re)découvrir Paul Klee, emmenez donc avec vous vos grands enfants, mais laissez les petits à la maison (à moins d'un tout-petit en porte-bébé). J'ajoute que la quantité d'œuvres, raisonnable pour un adulte, risque de rendre l'exposition un peu longue pour les plus jeunes : l'idéal serait d'opérer pour eux, en amont, un repérage et une sélection. Qu'ils puissent apprécier les couleurs et les formes, la drôlerie et la rêverie de cet artiste hors cadre.



Du 6 avril 2016 au 1er août 2016.
Galerie 2 - Centre Pompidou.
Ouvert tous les jours (sauf le mardi) de 11h à 21h (23h le jeudi).
Tarif : 14€ (tarif réduit à 11€) ; gratuit pour les moins de 18 ans.

samedi 16 avril 2016

Le noir nous va si mal

(Exposition « Le Douanier Rousseau – L’innocence archaïque », Musée d’Orsay)

Je ne sais pas vous (d’ailleurs, oui, qu’en pensez-vous ?), mais je ne comprends vraiment pas cette mode muséographique snobinarde qui consiste à organiser des expositions dans des salles sombres, tout habillées de coffrages conçus spécialement pour l’occasion, avec pour résultat que l’on oublie dans quel musée l’on est, et même dans quelle ville, puisqu’aucune fenêtre n’est laissée sur le monde. On évolue dans un espace confiné, étroit, où il semble de bon ton de se marcher sur les pieds, ou de créer des barrages en restant plantés devant les longs affichages de textes censés expliquer le concept de l’exposition ou de ses salles.

Vous allez dire (ou plutôt penser, car vous êtes polis) que je ne suis jamais contente. C’est vrai que je suis plutôt critique, voire « exigeante » (vous êtes polis, moi aussi !), je le reconnais. Pourtant il m’arrive de m’enthousiasmer, et c’est bien l’euphorie de quelques visites très réussies qui m’avait d’abord incitée à écrire ce blog lors des dernières vacances d’hiver. Et je vous promets bien d’autres billets positifs et ravis. Mais il arrive que des visites me déplaisent, me déçoivent ou me fassent réfléchir : la critique peut parfois être constructive, non ?

Aujourd’hui, je suis agacée. Je ne pense pas que ma critique soit très utile, car les commissaires d’exposition « à la page » ne me liront pas – et mon but n’est pas non plus de vous décourager d’aller voir l’exposition que le Musée d’Orsay consacre en ce moment au Douanier Rousseau. Mais j’aimerais mettre des mots sur ma déception, et essayer d’en comprendre les causes. Car je me faisais une joie de faire découvrir à nos filles l’univers coloré et onirique de ce peintre, dont je pense qu’il a tout pour plaire aux enfants. Et la visite ne combla pas mes attentes.

Alors certes, je pense que notre aînée a aimé l’exposition, même si elle s’est très vite plongée dans une activité de dessin qui occupait davantage son temps et son esprit que la contemplation des œuvres : à sa demande, et suite à notre balade dans le Musée de sculpture en plein air, nous avions emporté pour elle un carnet pour « écrire » et dessiner pendant la visite ; avec son carnet, elle s’asseyait devant chaque tableau (ne voulant en laisser aucun de côté) et dessinait. Au départ, nous avions l’impression qu’elle ignorait les œuvres, et l’incitions à regarder en lui posant des questions. Mais nous nous sommes vite rendu compte que c’était là sa manière de regarder (même si elle était parfois si près qu’elle ne devait pas voir grand-chose) : elle m’a dit, devant une toile de Picasso, qu’elle pourrait rester des heures à la regarder – alors même qu’elle semblait ne pas lui accorder un regard ! Est-ce que les quelques visites que nous avons faites avec un livret lui ont rendu nécessaire une médiation quelconque ? Est-ce sa manière à elle de garder une trace de sa visite ? Cette manie avait en tout cas pour avantage qu’elle marquait « sa » place devant le tableau, obligeant les adultes à rester derrière elle, respectant son espace vital. Cela nous permettait de rester avec elle à contempler et commenter l’œuvre, certes d’un peu trop près, mais sans que personne ne nous passe devant ni ne nous marche dessus.

Car le moins que l’on puisse dire, c’est que le public n’était pas très tolérant face à la présence des enfants dans l’exposition – nous n’étions pourtant pas la seule famille, loin de là. Regards noirs en direction de la grande et de son carnet de dessin, commentaires à voix haute sur l’encombrement que représente la poussette, agression verbale pure et simple quand la petite a commencé à pleurer. Car c’est elle qui a le moins apprécié l’exposition : depuis sa poussette, elle ne devait rien voir, avec tous ces adultes qui l’entouraient ; nous l’en avons vite sortie, mais cela n’a pas suffi, elle s’agitait, protestait, jusqu’à pleurer carrément, obligeant son père à sortir plus tôt que prévu de l’exposition. Etait-elle mal lunée ? Avait-elle mal aux dents ? Peut-être. J’inclinerais plutôt à penser que l’atmosphère de l’exposition lui était inconfortable, car dès qu’elle fut sortie, elle s’est calmée. Et de fait, il faisait trop chaud, trop sombre, et la concentration des visiteurs dans des salles trop étroites (pourtant nous n’avions pas fait la queue du tout…) achevait de rendre ce lieu étouffant, oppressant. Moi-même, j’ai eu l’impression de mieux respirer quand je suis sortie.

Est-ce vraiment le but recherché ? Le visiteur doit-il vraiment vivre l’exposition comme un parcours compliqué – parce qu’il faut se faufiler et louvoyer, mais aussi parce que le contenu même de l’exposition nécessitait la lecture attentive des affichages, pour comprendre pourquoi le Douanier Rousseau côtoyait tant de toiles d’autres peintres, ses contemporains mais aussi antérieurs (pourquoi Ucello ?) ou postérieurs – et comme un moment d’inconfort ? Une exposition, cela se mérite-t-il ? Et du coup, quelle place les enfants peuvent-ils trouver dans de tels espaces ? Ces espaces sombres et étroits ne sont pas propices à la liberté de la visite, où il faut se faufiler de tableau en tableau, dans un ordre prédéterminé. J’ajoute que l’éclairage forcément artificiel, à grand renfort de spots en plein sur les œuvres, les rend encore moins faciles à voir : des reflets empêchent d’appréhender le tableau dans son entier, il faut se décaler, chercher le bon angle, ce qui est difficile pour un enfant, impossible dans la cohue. Cette présentation inconfortable, entre ombre et lumière, ne sert pas les œuvres : ce qui importe, finalement, c’est le concept de l’exposition, l’idée de son commissaire. Autant acheter directement le catalogue en boutique !

Mais ce qui me gêne le plus dans cette muséographie du clair-obscur, c’est l’image qu’elle donne de la culture. On entre dans ces expositions comme dans une grotte, un sanctuaire ; mais c’est en en sortant que l’on retrouve la lumière et que l’on respire enfin – cherchez l’erreur. Cette muséographie de l’obscurité transforme le musée en un lieu secret, coupé du monde et mystérieux, et présente la culture comme une religion pour initiés. Un lieu sérieux où des adultes émettent des commentaires inspirés et profonds, et viennent partager entre happy few le grand secret, jalousement gardé, de la connaissance et de la pensée. Quel contraste avec l’exposition Fromanger à Beaubourg, exposition intégrée dans le musée même, sans en être séparée par des barrières qui ressemblent à des cadres de tableaux, et présentée dans des salles qui n’ont pas été maquillées pour l’occasion ! Des salles amples et lumineuses, où la couleur des œuvres de Fromanger éclatait. À Orsay, les couleurs du Douanier devenaient sombres comme un mystère, à Beaubourg, celles de Fromanger devenaient lumière.


Musée d’Orsay
Du 22 mars au 17 juillet
Ouvert tous les jours sauf le lundi, de 9h30 à 18h (21h45 le jeudi)
Tarif : 12 euros ; gratuit pour les moins de 18 ans.

mercredi 9 mars 2016

En avant la couleur!

(exposition Gérard Fromanger)

 

Souffle de mai 1968-2005
Ludique et colorée. Non, il ne s’agit pas là d’une animation-attraction pour enfants, comme la très fréquentée (et très commerciale) boîte à Chagall de la Cité de la musique (1). Ces deux adjectifs qualifient à mes yeux la très sérieuse exposition que le centre Pompidou consacre en ce moment à Gérard Fromanger.

Pourtant, cet artiste engagé, proche de l’esthétique de la figuration narrative, a fait saigner le drapeau tricolore, et peint le portrait des penseurs qui l’influençaient, comme Foucault ou Deleuze, qui furent aussi ses commentateurs. S’inspirant de la photographie, il travaille à partir d’images projetées dans son atelier plongé dans le noir. Une réflexion formelle qui n’est jamais séparée d’un regard politique sur la société moderne. Bref, je vous l’ai dit, quelqu’un de tout à fait sérieux.

Cela n’empêche que nous avons passé presque deux heures dans les six ou sept salles qui retracent, en une cinquantaine d’œuvres de formats et de natures diverses, les différents moments de sa création de 1957 à 2015. Et cela sans traîner le moins du monde notre fille de quatre ans, qui est d’elle-même restée longuement devant certaines toiles. Sans non plus, rassurez-vous, devoir lui expliquer mai 68 ou la guerre Froide. Et sans petit livret ludique, sans support dédié aux enfants, sans compétences ni connaissances précises en histoire de l’art.

Car bon nombre des œuvres exposées sont facilement accessibles et se prêtent à une lecture non savante, voire ludique. Devant Hommage à Topino-Lebrun 1- La Mort de Caïus Gracchus, on peut jouer à comparer l’œuvre avec le tableau qui lui a servi de source, La Mort de Caius Gracchus de François Topino-Lebrun, mais aussi à relier chaque silhouette à la légende de hachures qui la recouvre. Un jeu de reconnaissance auquel notre aînée (trop jeune encore pour s’amuser du clin d’œil fait aux cartes des leçons de géographie) s’est livrée avec encore plus de joie face aux légendes aux couleurs vives de Quel est le fond de votre pensée ?. Autre analogie amusante, celle de Bastille réseaux avec le plan du métro. Les réseaux de fils sont un autre « trait » de la peinture de Gérard Fromanger, qui l’utilise pour sa série de portraits, eux aussi hauts en couleurs.


Car la couleur est (presque) partout dans cette exposition, dont le ton est donné dès la première oeuvre, Souffle de mai 1968, une demi-sphère de plexiglas rouge translucide, à travers laquelle on peut jouer à se faire des grimaces. Couleur des silhouettes sur des fonds blancs ou noirs, parmi lesquelles on peut jouer à repérer un enfant à vélo ou une poussette, à moins que l’on ne veuille en profiter pour expliquer la symétrie. Couleur de la peinture qui coule sur les toiles (notamment pour la série Le Rouge) – une vidéo montre le procédé en acte, pour la réalisation d’un drapeau tricolore envahi par une coulée de rouge. Couleurs explosives qui envahissent le planisphère dans À mon seul désir, où l’on peut repérer la dame à la licorne, la colombe de la paix, et le profil du peintre. Un artiste qui se représente au milieu de la tourmente de l’Histoire dans Vision du monde – notre fille n’a que quatre ans, mais elle a longuement contemplé cette toile imposante, pour y identifier une pyramide, une cigogne, une cathédrale, images de culture et de sérénité mêlées voire superposées à celles de la guerre (version bataille navale ou version explosion de couleurs). Et même si son observation nous a menées à des considérations aussi profondes que « la guerre, c’est mal », j’ai apprécié ce moment de « cherche et trouve » pictural. Il est agréable de pouvoir parler d’un tableau avec un enfant si petit, et c’est gratifiant pour lui d’en découvrir les éléments, d’en comprendre le message, ne serait-ce que partiellement ou naïvement.

À mon seul désir
L’œuvre de Fromanger se prête bien à cette initiation. Selon l’âge de votre enfant, l’exposition permet une promenade dans un monde de couleurs, une observation ludique de certaines toiles, mais aussi une réflexion sur la matière (peinture qui coule, mais aussi sculpture qui imite la peinture qui coule) et sur la technique (une vidéo est projetée qui montre le peintre au travail), ou, pour les plus grands, sur les liens entre l’art et l’Histoire. Pour nous, ce fut un agréable moment en famille, même la petite applaudissait au milieu de ces couleurs vives – ou en voyant, en arrivant au 4e étage, la belle lumière d’hiver qui inondait alors les toits de Paris.


Du 17 février au 16 mai 2016.
Tous les jours sauf le mardi, de 11h à 22h.
Centre Pompidou, Galerie d’art graphique et Galerie du Musée – à l’intérieur de l’exposition permanente (4e étage, accessible par le 5e étage).
Tarif : 14 euros (réduit : 11 euros). Gratuit pour les moins de 18 ans.
Deux ateliers sont proposés aux enfants en lien avec l’exposition : « Le Charivari Fromanger » (2-5 ans) et « Le scénario Fromanger ! » (6-10 ans) – 10 euros (un enfant + un adulte).

Pas d'espace goûter à l'intérieur des collections, mais un café au sommet du bâtiment avec vue splendide sur Paris, et un autre sur les galeries qui surplombent le hall. Sortie temporaire autorisée.

(1) Adossée à une merveilleuse exposition, « Chagall : le triomphe de la musique », terminée le 31 janvier, la « boîte » a continué jusqu’au 6 mars, preuve que son objectif premier était tout sauf pédagogique. Je ne vais pas écrire un billet sur ce sujet, puisqu’il est trop tard pour s’y rendre, mais ce mini parc d’attraction, peu encadré, était plus propre à exciter les enfants qu’à les instruire. Rien à voir par exemple avec ce que propose le Musée Jacquemart-André.


Petit épilogue - le 14 mai 2016

A deux jours de la fin de l'exposition, étant "de passage" au Centre Pompidou, je n'ai pas pu résister au plaisir de faire un petit tour dans l'exposition Fromanger (encore très fréquentée). Notre grande s'est plantée devant Vision du monde et m'a demandé : "c'est quoi, déjà, l'histoire, maman ?" ; après m'avoir dit qu'elle ne voyait que de la tempête, elle a commencé à identifier des motifs, et a fini par me demander pourquoi le peintre avait l'air triste. En quelques instants, elle avait "senti" la toile, avec ses mots d'enfant, c'était beau !