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mercredi 21 août 2019

Hors les murs

(Oslo par les musées… et par les parcs)

Enthousiasmés par notre séjour à Copenhague l'été dernier, nous avons continué cette année notre exploration des pays scandinaves (quête de fraîcheur toujours aussi peu concluante…) et posé nos Pénates pendant deux semaines dans une charmante maison de la presqu'île de Bygdøy, quartier résidentiel cossu de la capitale de la Norvège. Nous n'avons pas regretté notre choix : calme et espace, plage et forêt à deux pas - ou quelques nœuds marins (1) - du centre ville, la presqu'île offre un cadre idyllique et pratique pour la découverte d'Oslo et de ses environs ; elle accueille à elle seule six musées, dont quatre sont des incontournables des guides (et cars) touristiques. Nature et culture, donc, un cocktail idéal ! Et si je dois avouer qu'Oslo n'a pas réussi à détrôner Copenhague à mes yeux, c'est grâce à ce cocktail que cette ville nous a séduits, car elle a su parfois allier ces deux ingrédients à la perfection.

Autant le dire tout de suite, les musées d'Oslo m'ont globalement déçue - du moins les musées "traditionnels", munis de murs : musée d'Histoire aux sections fort petites dont on a très vite fait le tour (objets vikings peu nombreux, quelques belles pièces d'art sacré médiéval), musée des bateaux vikings de Bygdøy aux vitres sales comme je ne l'ai jamais vu et à la muséographie paresseuse, musées du Fram (censé être "le meilleur musée de Norvège" selon sa façade) et du Kon-Tiki se contentant, à peu de choses près, des bateaux (certes fascinants) qu'ils contiennent et d'une quantité astronomique de panneaux à lire, musée Munch qui ne présente qu'une infime partie de sa collection et ne la met pas bien en valeur (toiles masquées par un écran géant, "Cri" dans la pénombre, probablement pour éviter que les photos ne soient de trop bonne qualité) - mais sans doute le nouveau musée, qui ouvrira ses portes en 2020 dans un imposant bâtiment gris qui gâche tout le paysage (et la vue sur le magnifique opéra), permettra-t-il de mieux apprécier la richesse de l'œuvre DU peintre norvégien. Même la fondation Henie-Onstad qui, avec sa plage à proximité, son parc de sculptures et son "lab" pour les enfants, semblait nous promettre une expérience aussi merveilleuse que le Louisiana danois s'est révélée bien en-deçà de nos espérances : certes les deux (petites) expositions valaient le détour (joli aperçu sur la collection des fondateurs, et belle présentation de photos d'Avedon), et la (petite) plage était sympathique, surtout par cette chaleur, mais la plupart des sculptures entouraient le musée, n'invitant guère à se perdre dans la forêt environnante, et le "lab" est ouvert tous les jours mais ne permet de pratiquer des activités créatives que le dimanche, quand une animatrice est présente (même en plein été, un samedi, nous n'avons trouvé que quelques crayons de couleur et des Kapla, rien de mieux qu'à la maison…).


Le constat s'impose : la Norvège ne manifeste pas dans ses institutions culturelles le même souci des enfants que le Danemark. Certes, plusieurs musées proposaient une ou deux activités, mais elles étaient généralement peu nombreuses, ne pouvaient pas accueillir beaucoup d'enfants à la fois, et n'avaient parfois rien à voir avec le contenu du musée : la plus chouette fut sans doute celle du musée Munch, un espace entouré d'un grand paravent de toile sur lequel se projetaient les créations en volume que petits et grands élaboraient en emboîtant des formes en plastique de couleur et en les posant sur un rétroprojecteur. Côté déceptions, outre le "lab" désert de la fondation Henie-Onstad et la salle de médiation vide de la fondation Astrup-Fearnley (une très belle découverte, par ailleurs, sans doute le musée que j'ai préféré), la palme doit être accordée à l'igloo du Fram, que mon aînée réclamait depuis le début du séjour pour l'avoir vu dans un film publicitaire sur les murs du musée : elle a tout juste eu le temps de constater qu'il ne contenait que des écrans sans intérêt, tant l'odeur qui régnait à l'intérieur l'a fait sortir rapidement ! Nos filles ont bien aimé nos différentes visites (à part le musée Munch, avec lequel elles n'ont visiblement pas d'atomes crochus - et je dois avouer que moi non plus…), mais aucune n'a provoqué l'enthousiasme des merveilleux musées danois. Même le musée du folklore norvégien (quatrième musée de Bygdøy avec les musées "de bateaux"), vaste musée en plein air présentant diverses maisons et églises anciennes dans des styles architecturaux venant de toute la Norvège, offrait moins de possibilités d'exploration que son homologue suédois à Lund, Kulturen (visité l'année dernière en prenant le train depuis Copenhague), qui, en plus des costumes à essayer, des petites pièces où se faufiler, et des échelles à escalader pour pénétrer dans des maisons traditionnelles, avait en outre un bel espace d'exposition dédié aux enfants (inspiré l'année dernière de l'univers d'Alice au pays des merveilles : nos filles avaient adoré préparer le thé pour un nounours géant dans des espaces disproportionnés). Finalement, le seul espace véritablement consacré aux enfants dans tous ces musées se trouvait... au musée du ski de Holmenkollen, que nous avons par ailleurs trouvé sans intérêt : un univers légendaire de trolls ou de lutins, avec cabanes tordues, grottes et toboggans, bref une aire de jeu sans lien avec le ski, mais qui offrait un temps de détente à nos filles après la montée en haut du tremplin de saut à skis (vue à couper le souffle) et avant la grande randonnée en forêt.
Car ce sont surtout les promenades dans la nature, entre parcs, montagne, îles et forêt, qui ont fait à nos yeux le charme d'Oslo, une ville dont le métro dessert en 30 minutes la forêt de la Nordmarka et le fameux tremplin de Holmenkollen, une ville traversée par une rivière, l'Akerselva, que l'on peut suivre quasiment en continu jusqu'à sa source (le lac Maridal) et qui offre, au milieu des immeubles ou des usines réhabilitées, de véritables cascades et des points de baignade noirs de monde (2). Il semblerait que les Norvégiens (ou du moins les Osloïtes) cultivent avec raffinement l'art de vivre dehors et de profiter de la nature. Quoi d'étonnant alors à ce que leurs plus beaux musées se trouvent en plein air ? Imaginez le bois de Vincennes transformé en espace d'exposition à ciel ouvert, ou un jeu de piste consistant à chercher des sculptures dans le parc de la tête d'or. Un rêve que je fais depuis longtemps, celui de voir les œuvres franchir les murs des musées pour venir dans les parcs, dans les rues, dans les espaces publics (un Munch - un vrai ! - était exposé dans l'aéroport d'Oslo), venant à la rencontre des visiteurs sur leurs lieux de vie, et pas seulement dans les grandes villes (les Tuileries sont un modeste aperçu de ce que cela pourrait être, et l'on peut également découvrir un parc de sculptures sur les rives de la Seine ; quant au jardin botanique de Nantes, il offre un exemple génial de ce que peut donner un parc confié à un artiste) : pourquoi ne pas imaginer une "tournée" de quelques chefs d'œuvre du Louvre ou du centre Pompidou, qui voyageraient de parc municipal en place du marché, en banlieue (puisque le plan Vigipirate empêche les écoliers de visiter les musées parisiens tout proches) et en province, dans les petites villes, les villages, pour offrir aux petits comme aux grands une rencontre avec l'art qui n'ait rien d'institutionnel, qui ne soit encadrée ni par l'école ni par un guide, et encore moins par des hordes de touristes mal embouchés ? Ainsi chacun saurait que l'art est à la portée de tous, quel que soit l'âge, quelles que soient les connaissances, qu'il est affaire de plaisir et de beauté, et non de savoir. Ainsi les musées pourraient attirer un nouveau public, et personne ne dirait "les musées, ce n'est pas pour les enfants / ce n'est pas pour moi". Mais pardon, je m'égare loin d'Oslo…

Après cette parenthèse utopiste, parlons de ce qui a éveillé chez moi ces grandes envolées rêveuses. Les Osloïtes aiment la sculpture, on en trouve des signes partout, sur les places, dans les rues du quartier tout récent de Tjuvholmen, entre les tours modernes du Barcode, dans les allées du parc du château royal et, bien sûr, autour des musées : les fondations Henie-Onstad et Astrup-Fearnley sont ainsi toutes les deux entourées d'un jardin de sculptures - pour ce qui est du jardin, il faut se contenter dans les deux cas d'une modeste pelouse, même si certaines œuvres sont aussi dissimulées (un peu trop bien, d'ailleurs) dans la forêt qui entoure la fondation Henie-Onstad. Mais ce goût pour la sculpture se manifeste surtout dans deux lieux exceptionnels, deux coups de cœur absolus, qui mettent la sculpture à l'honneur, chacun à leur façon. Le parc Vigeland (situé dans un parc plus vaste, le parc Frogner) a été confié dans les années 1920 au sculpteur Gustav Vigeland, apointé par la ville (et logé dans le parc même) ; il a consacré plus de 20 ans à emplir littéralement ce parc de son œuvre (212 sculptures !) : un pont dont la rembarde est ponctuée de bronzes déclinant diverses positions tendres, drôles ou acrobatiques, avec en contrebas un petit square orné de bébés dormant ou méditant sur la tête, mène à une monumentale fontaine entourée de buissons de bronze ; plus loin dans le même axe se dresse une colonne de granit sculptée de corps nus entremêlés et entourée de dizaines d'autres nus de pierre (réaction amusante des touristes français face à toute cette nudité), assis ou accroupis, dans une autre déclinaison de postures plus statiques. L'ensemble est majestueux. Le fait qu'un seul artiste ait réalisé l'ensemble des sculptures, et même les portes du parc, crée une belle unité, sans aucune monotonie grâce à l'utilisation de matériaux différents, mais aussi grâce au dynamisme, à la vivacité des bronzes qui ornent le pont notamment. Le lieu est assez vaste pour que l'on ne se sente pas (trop) écrasé par le flot de touristes qui se déverse par cars entiers (le parc Vigeland est l'un des sites les plus visités d'Oslo) - il faut tout de même bien du mérite pour prendre une photographie où ne s'incruste aucun touriste. Et, cerise sur le gâteau, une immense aire de jeux pour enfants se trouve située tout près de l'entrée : glissades et escalade ont réjoui nos filles avant et après la visite du parc.


Mais si vous recherchez la solitude, ou préférez contempler des sculptures plus modernes et plus variées, vous trouverez votre bonheur dans le merveilleux parc Ekeberg, situé sur les hauteurs de la ville (vue imprenable sur le fjord, peut-être la plus belle qu'on ait trouvée) : ouvert depuis 2013, ce parc semble encore peu connu des touristes (il ne figurait même pas sur notre Routard 2019 !) et épargné par les circuits des visites en groupe ; immense, essentiellement fait de forêt, on y goûte la même tranquillité que dans la Nordmarka, ne croisant d'autres visiteurs que de loin en loin, et de moins en moins à mesure que l'on s'éloigne de l'entrée. Il faut dire que ce havre de paix et d'art se mérite : son exploration nous a occupés une après-midi entière (plus de 3 heures de promenade au milieu des bois, et encore avons-nous fait l'impasse sur quelques œuvres situées dans des recoins), et s'apparente à une randonnée en forêt, quand le parc Vigeland est doté de sages allées et de massifs de fleurs bien taillés. Même les jeux pour enfants manifestent la différence de style évidente entre les deux parcs : l'aire du parc Vigeland était grande, mais semblable à bien d'autres tout autour du monde, alors qu'au parc Ekeberg, c'est un mini-parcours d'accrobranche (adapté aux plus jeunes, notre cadette de 4 ans n'a pas été en reste) qui est offert aux jeunes visiteurs - succès garanti avec la mini-tyrolienne ! Mais ce n'est pas seulement à cause de l'aire de jeux que mes filles ont largement préféré le parc Ekeberg : alors que la visite du parc Vigeland avait encore quelque-chose du musée conventionnel, avec son parcours à suivre, ses statues alignées, ses touristes lambdas (selfies et cécité aux moins de 1m30), le parc Ekeberg se visite moins qu'il ne s'explore, et ses sculptures sont autant de trésors à découvrir. Mon seul regret est que nous n'ayons pas eu une vraie "carte au trésor" en main : le plan du parc est disponible à l'accueil près de l'entrée, mais payant, nous nous sommes donc contentés de la version en ligne et, pour motiver nos aventurières, j'avais recopié sur un papier la liste des quelques 40 sculptures à trouver, afin de les cocher au fur et à mesure, mais cela aurait été plus sympa d'avoir cette liste imprimée au propre sur un vrai support de visite. Malgré ce bémol, chercher les sculptures essaimées partout dans le parc, entre les arbres ou au détour d'une pelouse, a beaucoup amusé nos filles, et mon aînée surveillait l'avancée de nos trouvailles avec le décompte des petites croix sur ma liste.

Si le parc Ekeberg a séduit mes filles, c'est sans doute aussi grâce à la richesse et à la variété des sculptures, Maillol, Renoir ou Rodin, "Vénus à tiroir" de Dalì, "Couple" suspendu de Louise Bourgeois, mais aussi cabine en verre pleine de reflets, livre-miroir en plexiglass violet, filaments de métal qui tournent ou fausse grotte pleine d'écrans… Nous avons même eu la chance, grâce à un désistement, de faire partie des happy few (10 personnes maximum par demi-heure, le dimanche) autorisés à pénétrer, munis de chaussons de feutrines et de coussins, dans Skyspace, installation de James Turrell qui combine projections lumineuses sur la blancheur laiteuse d'une cathédrale en forme d'œuf, et point de vue sur le ciel ensoleillé à travers un œil percé dans le plafond d'une salle ronde (à tester l'hiver, vers 15h, pour le coucher du soleil...) ; deux espaces qui ouvrent à la rêverie, chacun à leur manière - ambiance feutrée et lumières douces dans un espace qui semble infini, ou ouverture lumineuse vers le ciel et le vent, emplie d'une pluie de flocons végétaux : magique ! Et même si la guide nous a précisé qu'il ne faudrait pas faire de bruit, elle n'a manifesté aucun agacement face aux chuchotements de nos filles (mais nous sommes sortis les premiers pour laisser les autres visiteurs profiter religieusement du silence). Quant au parc, c'est un espace de liberté rêvé pour les enfants, qui se sentent bien accueillis grâce à l'aire de jeux et qui peuvent, selon leurs goûts, apprécier la promenade dans les bois et/ou la découverte des sculptures, qui peuvent courir, rire, crier, sauter, gambader, ramasser des bâtons, goûter, bref être des enfants tout en étant environnés de beauté, beautés de la nature et beauté artistique n'ayant jamais été aussi bien accordées.

(1) Un ferry relie Bygdøy au port situé en face de l'hôtel de ville, et nous avons largement rentabilisé notre billet "saisonnier".

(2) Pour ces randonnées et d'autres, je vous renvoie à un blog de rando - entre autres - riche en infos et photos, et dont nous nous sommes inspirés pour nos promenades en forêt ; vous trouverez aussi dans le premier de ses cinq articles sur Oslo tout ce dont je ne vous parle pas ici, c'est-à-dire la ville d'Oslo elle-même, pas magnifique mais très agréable et riche en promenades et points de vue.


Fondation Astrup-Fearnley : ouvert tous les jours (en saison du moins), 12h-17h en semaine, 11h-17h le week-end (nocturne jusqu'à 19h le jeudi) ; entrée 130 NOK (environ 13 euros), réduit 90 NOK, gratuit pour les moins de 18 ans.
Fondation Henie-Onstad : ouvert tous les jours sauf lundi, 11h-17h ; entrée 120 NOK (un peu plus de 12 euros), tarif réduit 70 NOK, gratuit pour les moins de 18 ans. "Lab" pour les enfants ouvert tous les jours mais véritablement animé le dimanche seulement, 11h-15h ; entrée gratuite avec un billet d'entrée dans le musée.
Parc Vigeland : entrée gratuite ; ouvert tous les jours, 24h/24. Nous n'avons pas visité le musée Vigeland situé dans le parc lui-même. 
Parc Ekeberg : entrée gratuite ; ouvert tous les jours, 24h/24 ; Skyspace accessible tous les dimanches, toutes les demi-heures de 11h à 16h, réservation en ligne conseillée. Accessible avec le tram 18 ou 19 ; deux bus desservent aussi le camping qui se situe au milieu du parc, un peu en hauteur.
Pour le reste (visites comme transports), le site https://www.visitoslo.com/ est très bien fait.

Kulturen à Lund (Suède) : ouvert tous les jours en saison (du 1er mai au 15 septembre) de 10h à 17h (20h le mercredi), tous les jours sauf lundi (du 16 septembre au 30 avril) de 12h à 16h en semaine, de 10h à 16h le week-end et pendant les vacances scolaires ; entrée 130 SEK en saison (réductions), gratuit pour les moins de 18 ans.

mercredi 17 octobre 2018

Va, cours, vole... et visite

("L'envol ou le rêve de voler" - la Maison rouge)

Ces derniers temps nous avons souvent visité des expositions peu de temps avant leur clôture, et je n'ai pas toujours eu le temps de vous en parler avant qu'il ne soit trop tard. Si je me permets aujourd'hui un article "de dernière minute", c'est qu'il ne s'agit pas seulement d'une exposition qui se termine bientôt, mais d'un lieu qui ferme définitivement à la fin du mois. Et puisque les vacances de la Toussaint approchent, si vous avez un peu de temps pour une visite onirique avec vos petits, je vous conseille de vous rendre à la Maison rouge, lieu dédié depuis 14 ans à la création contemporaine, et dont le fondateur a annoncé la fermeture définitive.

C'est un lieu plaisant que cette maison qui n'en est pas une - puisqu'il s'agit d'une ancienne usine, le nom de l'espace d'exposition lui venant d'un pavillon situé dans la cour intérieure de l'usine. Un lieu où l'on déambule, de ceux qui s'adaptent si bien aux œuvres contemporaines - et aux jeunes visiteurs. Un lieu fait de plusieurs espaces reliés par des sas ou des escaliers, où jamais l'on ne sent à l'étroit, malgré le caractère intimiste de ces salles à taille humaine. Un lieu tout de blanc vêtu, et généreusement éclairé, notamment par la courette intérieure, qui sert aussi de terrasse au petit café accueillant et convivial.

Pour cette exposition d'adieux, le thème ô combien choisi fut l'envol, le vol et le rêve de voler. Un thème traité de tant de manières que l'exposition, malgré un grand nombre d'œuvres, ne cesse de surprendre le visiteur par la variété des objets exposés : photographies, dessins et peintures,  captations de spectacles ou films anciens (le Voyage sur la Lune de Méliès), œuvres vidéos originales, installations (dont un hexagone de miroirs qui a beaucoup amusé nos filles) et sculptures (une chaise sur le dossier de laquelle reposent des ailes d'ange a particulièrement séduit nos petites visiteuses), mais aussi des machines volantes, authentiques ou imaginées par les artistes. C'est ainsi une fusée qui accueille les visiteurs depuis la cour intérieure, tandis qu'ils quittent l'exposition sous une nuée de super héros volants.

Notre cadette (3 ans et demi) a été tout particulièrement enchantée par cette visite qui répondait à sa curiosité naturelle pour ce qui est nouveau. Se laisser surprendre par la découverte d'un nouveau type d'objet - éléments d'une collection ethnographique ou engin volant à la Léonard de Vinci, "photographie" d'une sorcière écrasée sur le mur en regard du mur en question, toujours taché de sang - lever le nez vers le ciel ou s'allonger sur un pouf… c'était une véritable exploration ! Des pauses sont ménagées à divers points de l'exposition, grâce à des poufs ou mini fatboys sur lesquels les filles ont adoré s'alanguir pour se reposer, faire des grimaces ou regarder des vidéos - celle d'un homme dansant au milieu du jardin de pierres qu'il avait créé en plein désert a fasciné notre aînée. Il y a même un matelas géant qui permet aux visiteurs (trop peu à la fois, malheureusement) de regarder les vidéos de spectacles chorégraphiques projetés sur un écran suspendu au plafond ! Le corps du visiteur est ainsi sans cesse sollicité pour participer à l'envol physique et métaphorique que propose l'exposition (il y a même une installation qui propose aux adultes de prendre une posture proche de celle de l'oiseau en vol - étrange !). Plus qu'une visite, une véritable expérience, tout à fait adaptée aux jeunes enfants. Courez-y, ou plutôt volez-y !



"L'envol ou le rêve de voler", jusqu'au 28 octobre 2018 à la Maison rouge : entrée 10 euros, gratuit pour les moins de 13 ans, tarif réduit (7 euros) entre 13 et 18 ans. Des billets coupe-file sont en vente sur le site de la fnac - à tenter peut-être, nous avons fait la queue dehors 20-30 minutes un mercredi après-midi hors vacances. Ouvert tous les jours sauf lundi et mardi de 11h à 19h, nocturne le jeudi (21h).

vendredi 17 août 2018

Quelque-chose à redire au royaume du kids friendly (mais si peu)

(Copenhague et ses environs)


Vous l'aurez compris, mon mari et moi aimons les musées et ce que l'on peut appeler plus globalement les visites culturelles, et estimons que nos filles (aujourd'hui 3 et 6 ans)  peuvent également les apprécier. Si ces visites ponctuent notre année, elles sont évidemment au programme quand nous partons en vacances, en France comme à l'étranger. L'été, nous tentons de trouver un compromis entre les plaisirs culturels et les joies de la plage - un pari gagné haut la main cette année grâce à Copenhague, où nous avons trouvé un équilibre si parfait que nous craignons d'avoir toutes les peines du monde à l'égaler l'année prochaine ! Et ce qui n'a pas peu contribué à cette réussite (1), c'est le souci quasi constant, dans les institutions culturelles, de bien accueillir les enfants. Au zoo de Copenhague (exceptionnel à mes yeux, mais je n'ai pas beaucoup de points de comparaison), où le parcours était régulièrement ponctué d'aires de jeux et de points de restauration (parfois combinés, comme dans la partie "Savane", où l'aire de jeux est gigantesque, idéale pour dégourdir les jambes des petits pendant que Papa ou Maman fait la queue pour commander le repas), cela était frappant  : les Danois ont un certain talent pour penser à hauteur d'enfant. Et pour penser aux enfants, tout simplement, dans des lieux où l'on y pense si peu en France et ailleurs (en Europe en tout cas) : des nombreux musées et châteaux que nous avons visités, seuls deux (la Glyptothèque de Copenhague et le château de Rosenborg - mais les bijoux de la couronne suffisaient à faire briller les yeux de nos deux choupettes) n'avaient pas leur coin enfant. Et quand je dis "coin", c'est un euphémisme qui qualifie bien mal la plupart des espaces dédiés aux plus jeunes dans les musées et châteaux danois : le plus modeste était celui du château de Kronborg à Helsingborg - alias Elseneur - qui proposait à mi-parcours deux grandes tables, l'une dévolue aux coloriages (sur la thématique des princes et rois danois), l'autre aux constructions en Lego - sans oublier les échasses et chevaux de bois mis à disposition de tous (les adultes ne se privaient pas) dans la cour. Pour un château danois, c'était vraiment le minimum syndical.

Au Louisiana, musée d'art moderne situé à quelques kilomètres de Copenhague, c'est un véritable royaume qui est consacré aux enfants : un espace à part organisé sur pas moins de trois étages, avec au minimum 5 activités différentes proposées (coloriages pour les plus petits, peinture, argile, architecture et, pour les plus grands, conception de sa propre police), la plupart articulées soit avec le cadre du musée lui-même (son architecture moderne, les sculptures qui ornent son jardin), soit avec les expositions en cours (par exemple, un "tutoriel" permettait aux apprentis peintres de produire un paysage à la manière de l'artiste allemande Gabriele Münter, exposée cet été). Toute liberté est laissée aux enfants de circuler de table en table, d'étage en étage, dans un espace vaste, clair et lumineux, le tout avec vue sur le jardin du musée - ce royaume des enfants (notons que certains parents s'essayaient aussi aux activités créatives) est bien à l'image du musée lui-même, dont les salles se fondent dans le cadre verdoyant du parc, qui est lui-même un lieu d'exposition en même temps que de promenade, de pique-nique et de jeu (nous avons joué à chat sur les pelouses en contrebas, avec d'un côté vue sur les mobiles de Calder qui ornent la terrasse du café du musée, de l'autre vue sur la mer) ; les multiples espaces d'exposition communiquent régulièrement avec l'extérieur, que ce soit par des baies vitrées qui font entrer la lumière et la verdure dans la pièce, ou grâce à ce salon dédié à la contemplation de la mer et de livres d'art ; de même que le parc surgit au détour des couloirs, l'art se cache dans les recoins du parc, dont certains sont accessibles grâce à un toboggan géant. Les grands retrouvent leur âme d'enfant tandis que les petits trouvent leur place, dans le parc et dans le musée comme dans l'espace qui leur est dédié. Si vous ajoutez qu'en contrebas du parc se trouve une plage à laquelle on accède par une sortie spéciale (attention, on ne peut plus retourner dans l'enceinte du musée ensuite), vous comprendrez que la journée que nous avons passée au Louisiana (dont plus d'une heure dans l'espace enfant) fut un pur bonheur pour nous quatre, et un bon condensé des plaisirs combinés de ce séjour estival.

S'il est peut-être devenu habituel que le ludisme et l'enfance trouvent leur place dans un musée d'art moderne (je pense notamment à la Galerie des enfants du Centre Pompidou, à Paris), il est par contre plus surprenant de rencontrer des espaces dédiés aux plus jeunes dans des musées d'art ou d'histoire. Pas à Copenhague, où la galerie nationale (ou musée national d'art, SMK), qui propose une riche collection d'art européen, des chefs d'œuvre des maîtres italiens au plus contemporain, en passant par la peinture française des débuts du 20e siècle, dispose également de son espace enfant (payant, environ 4,50 euros par enfant), véritable caverne d'Ali Baba du créatif, où une profusion de crayons, pots de peinture, ciseaux, pistolets à colle et tabliers entourent de grandes tables et quelques chevalets. Cette semaine-là, le thème proposé était le noir et blanc, et ces deux seules (non-)couleurs se retrouvaient dans les diverses activités, que ce soit la peinture (nous avons testé bien des nuances de gris avec la plus petite), la pâte à modeler, ou la construction (avec des planchettes de bois, la petite a créé un fauteuil, la grande une maison avec jardin). Le thème change chaque semaine, ce qui révèle un souci pédagogique similaire à celui du Louisiana, bien que réalisé différemment, la même liberté de mouvement et de création étant par ailleurs observée (dans les deux musées, les animateurs se contentaient essentiellement d'accueillir les visiteurs et de remplir les pots de peinture, ce qui était au départ légèrement déconcertant). Inutile de dire que, là comme au Louisiana, nos filles sont sorties enthousiastes de leur passage à l'espace enfant, qu'elles attendaient avec impatience, comme une récompense après la visite du musée. Mise à part la légère gêne ressentie à l'idée que le musée lui-même soit vécu comme une obligation imposée par les parents et subie par les enfants (qui ne cessaient de réclamer "leur" moment), je dois dire que nous étions tout aussi ravis de ce temps de création partagé, instant de calme (dont nous avons même profité au SMK pour visiter en alternance certaines sections) et de pause au milieu des visites. J'ai bien craint un moment de ne pouvoir caser dans la valise toutes les créations de nos deux artistes en herbe, mais sinon j'applaudis des deux mains et rêve de trouver le même genre d'espace dans tous les musées d'art (2).

Et dans tous les châteaux ou musées d'histoire ! Là encore, le Danemark a de sacrées leçons à donner à la France : le Musée national du Danemark, notamment, fait largement concurrence au Louisiana, dans un genre totalement différent. Là, le royaume des enfants est une immense aire de jeux aux multiples recoins, qui permettent de remonter dans le temps (en s'asseyant sur les bancs d'une école des années 1930, en lavant le linge dans un baquet, en préparant un repas dans une cuisine médiévale ou en pêchant sur un bateau viking) mais aussi de voyager (jouer à la dînette dans des habits indiens, tenir une épicerie et jouer à la marchande au Penjab) ; grâce aux déguisements (indiens ou vikings), aux épées, casques et boucliers, l'enfant plonge dans des aventures qui mêlent l'Histoire à sa propre imagination ; il met la main à la pâte, que ce soit pour porter de l'eau en courbant l'échine ou pour hisser des briques sur un ancien chantier de construction ; il explore, en se hissant sur l'échelle du navire moderne, ou en montant sur le toit d'une demeure des mille et une nuits. Que vient faire l'Inde, me direz-vous, au Musée national du Danemark ? C'est qu'en plus de ses richissimes collections retraçant l'Histoire du pays de la préhistoire jusqu'à nos jours, ce musée contient également une sections ethnographique (et une autre consacrée aux colonies), si bien que l'on peut faire le tour des 5 continents en le visitant. Je dois avouer que nous n'avons pas pu imposer à nos filles (et à nous-mêmes) une visite exhaustive de cet énorme musée, et que nous avons fait l'impasse sur une bonne partie des sections extra-européennes. La dînette et la marchande du Penjab nous ont donc semblé un peu déconnectées du musée tel que nous l'avons visité. Plus globalement, ce "Musée des enfants" ressemble davantage à une aire de jeux géante qu'à un musée, et le fait qu'il se trouve dans un espace complètement isolé de celui des collections tend à lui ôter ses vertus pédagogiques (ce qui n'était pas le cas pour les armures présentées dans le musée pour être soupeser). Cela, évidemment, n'empêcha pas nos filles d'être enthousiastes, et de n'avoir aucune envie de quitter le musée (alors même que l'heure du repas était proche). Ce qui est une grande victoire, même pour nos filles ! Mais
une certaine gêne a commencé à s'immiscer en moi, et mon esprit (trop) critique s'est tout doucement réveillé de la torpeur dans laquelle l'avait plongé le plaisir que j'avais à voir une grande place enfin réservée aux enfants dans de grands musées.

J'ai fini par mettre le doigt sur ce qui me gênait : cet isolement quasi systématique de l'espace des enfants dans les divers musées que nous avons visités. A chaque fois, il faut franchir une porte pour y entrer - quand il ne faut pas carrément changer d'étage, voire de bâtiment, comme au SMK, où une signalétique est nécessaire pour vous guider jusqu'au royaume des enfants. Finalement, la place des enfants dans le musée est bien à l'écart, certes pas hors du musée comme semblent le penser bien des personnels de musée en France, mais hors des salles d'exposition. Cela fait naître implicitement l'idée que les espaces consacrés aux collections (artistiques comme historiques) ne conviennent pas aux enfants, et qu'il faut donc créer un lieu qui leur soit dédié, c'est-à-dire adapté à eux - au lieu d'envisager de rendre le musée plus accueillant pour les plus jeunes. Je trouve ça dommage, car cela présuppose au fond que les enfants ne sont pas capables d'apprécier la beauté des œuvres d'art, ou de comprendre l'utilité ou le mystère des objets venus du passé. Même si l'on ne peut pas tout leur expliquer (nous en serions bien incapables, d'ailleurs, n'étant spécialistes ni d'art ni d'Histoire), on peut attirer leur attention sur certains objets, en distillant quelques informations qui les éclairent, ou tout simplement les laisser découvrir les œuvres et choisir celles qui les touchent. L'espace enfant devrait toujours être pensé et perçu (par les enfants, surtout) comme un prolongement de la visite, un complément ludique ou créatif, et non comme une récompense pour avoir subi la visite des adultes. Cela fonctionnait plutôt bien au Louisiana et, en partie du moins, au Musée national ; mais ailleurs, la séparation, trop nette, révélait le mépris implicite pour l'intellect des petits.

Cela s'est avéré évident lorsque nous avons visité le magnifique château de Frederiksborg, qui accueille également le Musée d'Histoire nationale : comme à chaque fois, nous avons commencé par la visite du château, qui a enthousiasmé nos filles (la petite fut frustrée de ne pas pouvoir descendre dans la splendide chapelle que l'on découvre d'un balcon, la grande fascinée par les armures et, surtout, par la robe de mariée de la princesse Mary exposée dans la salle consacrée aux princes héritiers à travers les siècles) ; après le pique-nique et la promenade dans le beau parc du château, nous avons terminé par l'espace enfant, situé dans les caves (à côté des toilettes…). Là, dans une salle voûtée, sont exposés de magnifiques déguisements de princes et princesses, d'un luxe tel que l'on n'est pas autorisé à les toucher : il faut demander l'aide de l'un des animateurs du lieu. Qu'à cela ne tienne ! Après avoir examiné toutes les tenues et établi un palmarès, nous nous tournons vers le personnel présent. Las ! Nous apprenons qu'une visite guidée pour les enfants est en cours dans l'espace (une visite en danois, bien sûr), et que l'on ne peut pas essayer les déguisements avant un bon quart d'heure, afin de ne pas déranger la visite… Pendant que mes filles patientaient tant bien que mal en coloriant ou en écrivant avec de l'encre et une plume sur la grande table du fond, j'ai donc eu le temps d'examiner cet espace enfant et de comprendre qu'il s'agissait d'un véritable lieu d'exposition parallèle, et que les déguisements étaient en fait une partie des objets exposés - raison pour laquelle ils étaient présentés sur des mannequins, et non à disposition dans des paniers comme dans les autres musées. Chaque tenue ou groupe de tenues forme un ensemble cohérent avec quelques objets (faux écritoire, etc.) et, surtout, avec des tableaux tous plus hideux les uns que les autres, imitations caricaturales d'œuvres picturales existantes ou de scènes du passé. Voilà ce qui était l'objet de la visite guidée destinée aux enfants : non pas le magnifique château, non pas les véritables objets anciens qui y sont exposés, mais des croutes et du toc relégués au sous-sol. Par snobisme ou par méconnaissance des enfants, la direction du château a fait de cet espace la vitrine de son mépris pour les plus jeunes visiteurs ; au lieu de ludisme, c'est l'ennui et la frustration qui les y attend : quand enfin nous avons pu essayer les déguisements, un "habilleur" les a donc passés à nos filles ; mais comme il s'agissait de "vraies" robes de princesses, avec des lacets, collerettes, et autres raffinements destinés à entraver le mouvement des femmes, la petite n'a pas supporté sa tenue plus de quelques minutes ; quand j'ai voulu desserrer les lacets qui la gênaient, une guide a bondi pour me signifier (sans trop d'amabilité) que je n'avais pas le droit de toucher les déguisements, même pour les ajuster, et encore moins pour les ôter… Sans doute mes filles n'avaient-elles pas fait le choix le plus judicieux (certaines robes, moins belles, semblaient plus confortables) ; mais je ne pense pas qu'elles auraient gardé très longtemps une autre tenue, pour la simple et bonne raison qu'il n'y avait rien à faire dedans : aucun décor propice à l'invention d'histoires de princesses (et mon aînée n'a pas besoin de grand-chose pour cela), aucun accessoire, aucun espace véritable pour jouer, puisque toute la place est occupée par la pseudo-exposition. Bref, autant le Louisiana et le Musée national accueillaient royalement les enfants, autant à Frederiksborg ils ne semblaient pas les bienvenus, malgré la présence d'un espace dédié.

Nous avons connu une autre déception à Roskilde, où le musée des bateaux vikings propose deux types d'activités aux enfants : activités ludiques avec un faux bateau viking et quelques déguisements (trop peu nombreux, il ne restait plus que les tailles adultes quand nous sommes arrivés), et activités créatives, qui se sont révélées aussi limitées que les premières, puisque la seule qui ne soit pas payante met essentiellement les parents à contribution (à moins que vous ne soyez prêts à laisser votre enfant scier et clouer) et a peu à voir avec le musée, puisque les bateaux que l'on peut construire avec les chutes de bois à disposition ont fort peu à voir avec ceux des vikings. Si à Frederiksborg il nous a semblé que l'espace enfant, sans doute perçu comme une obligation pour tout musée danois, avait été mal pensé, à hauteur d'adulte, à Roskilde les attractions pour enfants étaient au contraire un argument de vente propre à faire venir les touristes dans un musée qui ne présente, au fond, que quelques bateaux vikings reconstitués ; mais dans les deux cas aucun effort de pédagogie n'a présidé à l'organisation des activités offertes aux plus jeunes - des activités qui exigent de l'espace et de la réflexion.

La morale de ce séjour danois serait donc que l'étiquette kids friendly peut annoncer le meilleur comme le pire, et surtout qu'elle ne suppose pas nécessairement, loin de là, qu'une place est faite aux enfants dans des lieux traditionnellement perçus comme "sérieux" : les salles de musée. Si les enfants doivent attendre la fin de la visite pour s'amuser, cela sous-entend-il que les musées sont nécessairement ennuyeux pour eux ? Une seule initiative à destination des enfants semblait répondre vraiment par la négative : tout au long des salles du Musée national du Danemark sont disséminés des "boredom buttons" (boutons anti-ennui - c'est donc bien que les musées sont ennuyeux, on y revient toujours) destinés aux enfants ; quand vous appuyez dessus, les œuvres s'animent, des projections vidéos ou des effets sonores envahissent la salle d'exposition, suspendant le temps de la visite ; malheureusement, nous n'avons réussi à en trouver que deux et sommes restés légèrement frustrés. C'est ce qui arrive parfois aux touristes trop exigeants au pays d'Hamlet et du kids friendly !


Armure à soupeser au Musée national danois.
(1) Bien sûr, la plage à 5-10 minutes à pied de la maison, surtout en pleine canicule, n'est pas un ingrédient à négliger - mais c'est un blog sur les musées ! Un conseil hors-sujet cependant : avec des enfants, il nous a semblé idéal de loger près de la grande plage d'Amager Strand (près de la station de métro du même nom, ou de ses deux voisines) ; 10 minutes de métro suffisent pour rejoindre le centre de Copenhague et la station de RER (S-Tog) qui permet de rayonner dans les environs (et l'aéroport est à 6 minutes de métro). La culture à portée de transports et la plage à portée de pieds, que demander de mieux ?

(2) Un peu comme dans le musée imaginaire de Loup, le héros à la mode, dans Le loup qui enquêtait au musée, où l'on traverse un espace intitulé "Réveillez l'artiste qui est en vous".


Par ordre d'apparition
Glyptothèque Ny Karlsberg : ouvert tous les jours sauf le lundi, 11h-18h (11h-22h le jeudi) ; entrée 115 kr. (couronnes danoises - DKK), environ 15 euros ; gratuit pour les moins de 18 ans et les mardis.
Rosenborg : ouvert tous les jours en période de vacances (fermé le lundi hors vacances), horaires variant selon les périodes ; entrée 110 kr. (environ 15 euros), gratuit pour les moins de 18 ans.
Kronborg (Elseneur) : ouvert tous les jours (fermé le lundi entre novembre et mars), horaires variables selon la saison ; entrée 140 kr. (environ 18 euros), gratuit pour les moins de 18 ans. La ville d'Helsingborg est desservie en S-Tog (vérifier cependant qu'il n'y a pas des travaux l'été, comme c'était le cas pour nous ; dans ce cas, des bus de remplacement sont mis en place, mais le trajet est un peu plus long).
Musée d'art moderne Louisiana : ouvert tous les jours sauf le lundi, 11h-18h le week-end, 11h-22h en semaine ; entrée 125 kr. (environ 17 euros) ; gratuit pour les moins de 18 ans ; l'aile des enfants, gratuite pour les visiteurs, est ouverte de 11h à 17h30, pour les enfants de 4 à 16 ans (mais nous n'avons eu aucun problème pour entrer avec notre plus jeune et la faire participer). Trajet en S-Tog depuis le centre de Copenhague.
Statens Museum for Kunst (SMK) : ouvert tous les jours sauf le lundi, 11h-17h (20h le mercredi) ; entrée 110 kr. (environ 15 euros), réduction pour les moins de 30 ans, gratuit pour les moins de 18 ans ; tarif 1 adulte + 1 enfant à 90 kr. (environ 12 euros) ; chaque enfant doit payer 30 kr. (environ 4 euros) pour entrer dans l'espace enfant.
Musée national du Danemark : ouvert tous les jours (sauf le lundi de septembre à juin), 10h-17h : le musée des enfants est ouvert de 10h à 16h30 ; entrée 95 kr. (environ 13 euros), ticket famille 80 kr. (environ 11 euros), gratuit pour les moins de 18 ans.
Frederiksborg (et Musée d'Histoire nationale) : ouvert tous les jours 10h-17h (mars-octobre), 11h-15h (novembre-mars) ; le musée des enfants est ouvert de 10h à 16h30, tous les week-end et pendant les vacances scolaires ; entrée 75 kr. (environ 10 euros), 20 kr. entre 6 et 15 ans (environ 3 euros), gratuit pour les moins de 6 ans ; ticket famille (2 adultes + 3 enfants maximum) 150 kr (environ 20 euros). Trajet en S-Tog depuis le centre de Copenhague.
Musée des bateaux vikings à Roskilde : ouvert tous les jours de 10h à 16h (17h pendant les périodes de vacances et de tourisme) ; entrée entre 90 et 130 kr. (12-18 euros) selon les périodes, gratuit pour les moins de 18 ans ; sortie sur le fjord en bateau et autres activités payantes (notamment pour enfants). Trajet en train depuis le centre de Copenhague.

Mais aussi : un site très utile pour planifier ses trajets dans les transports en commun au Danemark ; le site de la Copenhaguen card, très rentable si l'on veut visiter plusieurs musées ou attractions (le zoo ou le parc d'attractions de Tivoli), à Copenhague et dans les environs (le site propose de calculer les économies que la carte vous permet de réaliser).